les résidences

Depuis 2007, Textes en l’air accueille des autrices et auteurs en résidence sur le territoire autour d’un thème qui sert de fil rouge à la programmation du festival…

En 2022, textes en l’air accueille 2 autrices en résidences d’écriture…

caroline stella

photo p. le goff

Je me suis mise en tête, lors de mon premier séjour à Textes en l’air, en mars 2022, de plonger dans ce qui sera au moins un triptyque sur les grands séismes de l’adolescence.
LANG/ue, le premier volet, est achevé (j’hésite encore un peu sur le titre) : Lina, collégienne, raconte à son petit copain qu’elle a été victime d’une agression sexuelle. Elle attend de lui tendresse et réconfort. Mais par son attitude, il lui coupe la langue … Librement inspiré du mythe de Philomèle et Procné, Lang/ue évoque le consentement dans les rapports amoureux et sexuels, la solitude des victimes d’abus et la nécessité d’une parole qui se libère.
Le second volet traitera d’élan vital et de liberté, face à un monde que l’on sent s’abîmer et se rétrécir, entre les mains des adultes. Off Shore (titre provisoire aura pour «héroïne» une gamine, qui se rêve animatrice d’une radio libre, elle qui a le prénom de la fameuse radio qui a déjoué toutes les censures : Radio Caroline. (là sont déjà écrites quelques scènes que je pourrai partager avec vous)
Enfin le troisième volet traitera d’une addiction toute particulière puisque notre héros, Hercule, aura besoin, pour se sentir en vie et moins «merdique», de se mettre en danger permanent. Comme Hercule, douze situations de plus en plus périlleuses pour que la dose d’adrénaline soit suffisante… (Mais alors là, rien n’est écrit encore… À suivre…).

Caroline Stella est autrice, comédienne, dramaturge et co-directrice artistique du collectif l’AntreDuMonstre. Après des études de littérature, elle décide de se consacrer au théâtre. Poussière(s) sera son premier texte. (Editions espaces 34, finaliste du grand prix de Littérature dramatique Artcena, création La Palmera, scène nationale la Passerelle de Gap, Monfort Paris). Suivront MEUTE/Une Légende, (Editions Lansman, Troupuscule Théâtre, scène nationale de l’Archipel à Perpignan) ; Shahara pourquoi pas la lune (Editions espaces 34, lauréate des bourse SACD-Beaumarchais, CNL et finaliste prix Kamari 2020, Prix Armand Gatti 2022, création compagnie Jimoe 2022-2023) ; L’éloquence des crânes, co-écriture du collectif Grischkor pour la compagnie Jimoe ; La fille du septième, seule-en-scène écrit pour la comédienne Nadia Roz ( création 2022 ) ; Cuisiner les restes, auto-fiction théâtrale coécrite avec Avela Guilloux ; Louise a le choix (Editions espaces 34, Compagnie Lolium, Phénix- scène nationale de Valenciennes, Finaliste Prix godot des Lycéens), et bien d’autres… En 2022, elle créera la compagnie La Brûleuse en Occitanie, dont Quitte à être invincible et Cuisiner les restes seront les premières créations.

marine bachelot nguyen

photo : c.ablain

Boat people est un vaste projet d’écriture et de théâtre qui veut explorer l’histoire et la mémoire des « peuples des bateaux », et leur présence constitutive au sein de la population française. L’expression fait bien sûr référence aux Boat people venus du Sud-Est Asiatique dans la seconde moitié des années 1970, mais aussi plus largement à d’autres communautés arrivées en France par « bateau ».
Je vais d’abord entamer un travail de recueil de témoignages, de recherches historiques et sociologiques sur le sujet des Boat People. En allant interroger des ancien.nes réfugié.es mais aussi des personnes qui ont accueilli ou hébergé des boat-people dans les années 70 et 80. Pour faire émerger des histoires concrètes, des paroles sensibles et complexes, des points de vue diversifiés.
Penser aux « peuples des bateaux » est l’occasion d’évoquer les exils et les arrivées en France de communautés immigrées anciennes ou récentes (en provenance de Russie, Maghreb, Afrique, Asie…) qui constituent la richesse de la population française d’aujourd’hui. Cette dimension sera présente dans le texte comme le spectacle à venir.

Après des études de Lettres et Arts du spectacle, Marine Bachelot Nguyen travaille comme dramaturge pour le Théâtre de Folle Pensée, poursuit des activités de recherche universitaire sur le théâtre politique et militant, tout en développant son travail d’écriture et de théâtre. En 2004, elle fonde avec cinq autres auteurs Lumière d’août, compagnie théâtrale/collectif d’auteurs (Rennes). Dans son travail elle explore l’alliance de la fiction et du document, les croisements du corps et du politique, les questions féministes et postcoloniales.
Elle est à l’initiative du spectacle Courtes pièces politiques (2006). Elle reçoit l’Aide à la création du CNT pour Artemisia vulgaris, qu’elle crée en 2007 et 2008 (Festival Mettre en scène, TNB, Rennes). En 2009 elle entame le « Projet Féministes ? », cycle d’écriture et de création consacré aux féminismes, adoptant des formes théâtrales variées. Plusieurs sont créées au Théâtre la Paillette (Rennes).
Elle écrit et crée notamment le spectacle Histoires de femmes et de lessives, sur la mémoire d’un institut de rééducation pour mineures (2009). Elle obtient l’Aide à l’écriture de la SACD-Beaumarchais pour La place du chien (sitcom canin et postcolonial), qu’elle termine lors d’une résidence à la Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon. Le spectacle est créé en mars 2014 à la Maison du Théâtre à Brest, à la Maison des Métallos à Paris. Reprise à Avignon Off en juillet 2017.

Les résidences d’écriture passées

2007 : les Z’Habitants – Catherine Zambon.

2008 : Objets de mémoire et mémoire d’objets – Éric Durnez (Belgique).

2009 : (H)istoires de femme(s) – Carole Thibault.

2010 : Tant et temps d’utopies – Perrine Griselin et Sylvain Levey.

2011 : Butins de familles – Dominick Parenteau-Lebeuf (Québec), Gustave Akakpo (Togo), Sébastien Joanniez (France).

2012 : Vas-y, traverse ! – Marilyn Perreault

2013 : De nord en sud et vice-versa – Hajar Bali (Algérie) en co-écriture avec Sébastien Joanniez (projet en partenariat avec l’ACCR-Sud Grésivaudan) et un projet avec François Chaffin.

2014 : Nos monstres – Marc-Antoine Cyr et Aurianne Abécassis.

2015 : Embarquements, débarcadères : itinéraires d’exil – Clémence Weill et Karim Demnatt.

2016 : Volte-face contre les barbaries – Blandine Costaz, Carine Lacroix et Jérémie Fabre.

2017 : Partir ou rester ? – Carine Lacroix et Suzie Bastien.

2018 : Imagine après… – Caroline Stella et Damien Dutrait ; Barbara Métais-Chastanier et Marie Lamachère ; Suzie Bastien

2019 : Féminin : singulières, plurielles, elles sèment… – Claire Rengade, Sonia Ristic et Suzie Bastien

2020 : Travailler, c’est trop dur – Pauline Guillerm

2021 : Résister, collectivement – Louise Belmas et Geoffrey Dahm

Contact : infos@textesenlair.fr